Équilibre acido-basique : ce que le terme veut dire, et ce qu'il ne veut pas dire

3 septembre 2026Centre de Nutrition Berdoz

C'est un sujet où circule beaucoup de confusion, dans les deux sens. D'un côté des promesses excessives sur les cures alcalines. De l'autre un rejet en bloc, au motif que le pH sanguin est constant. Les deux positions manquent le point.

Le pH du sang ne bouge pas, et c'est bien le problème

Le sang est maintenu entre 7,35 et 7,45. En dehors de cette fenêtre, la situation est une urgence médicale. Aucune alimentation ne fait varier ce chiffre chez une personne en bonne santé, et personne de sérieux ne prétend le contraire.

Ce qui varie, c'est ce que l'organisme dépense pour tenir cette constante. Les tampons sanguins, la ventilation et surtout le rein neutralisent en permanence la charge acide produite par le métabolisme et par l'alimentation. Cette charge se calcule : c'est la charge acide rénale potentielle. Elle est positive pour les protéines animales, les fromages affinés et les céréales raffinées, négative pour les fruits, les légumes, les pommes de terre et les légumineuses riches en potassium.

Ce que fait l'organisme quand la charge est durablement élevée

Le rein excrète l'excès, en mobilisant du citrate et de l'ammonium. Quand sa capacité est sollicitée sur des années, notamment lorsque la fonction rénale décline avec l'âge, le tissu osseux participe au tamponnage en libérant des sels alcalins de calcium. C'est le mécanisme qui a été le plus étudié, et il est aussi celui qui suscite le plus de débats dans la littérature scientifique. Il faut donc le présenter pour ce qu'il est : un mécanisme documenté, dont l'ampleur clinique reste discutée.

Ce qui n'est pas discuté, en revanche, c'est que la citraturie et le pH urinaire réagissent nettement à la composition de l'assiette, et que cela a des conséquences pratiques, sur le risque de calculs urinaires par exemple.

Ce que mesure une bandelette urinaire

Le pH urinaire du matin reflète la charge acide excrétée pendant la nuit. C'est une information réelle, mais partielle : il varie fortement selon l'heure, le dernier repas et l'hydratation. Une seule mesure ne veut rien dire. Une série de mesures, au même moment, sur deux semaines, en dit davantage. Nous nous en servons comme d'un indicateur de tendance, jamais comme d'un diagnostic.

Ce qui change vraiment quelque chose

Augmenter la part des légumes et des fruits, pour le potassium et les bases qu'ils apportent. Ne pas supprimer les protéines, dont le rôle est essentiel, mais les répartir et les accompagner de végétaux au même repas. Réduire les produits ultratransformés, dont la charge acide est élevée et l'apport en potassium faible. Boire suffisamment, parce que le rein a besoin d'eau pour excréter.

Aucune de ces mesures n'est spectaculaire. Toutes vont dans le même sens que ce qu'on recommande par ailleurs pour la tension artérielle et la santé osseuse, ce qui est plutôt rassurant.

La place des compléments

Les sels de citrate de potassium, de calcium et de magnésium apportent des bases directement utilisables. Ils ont leur intérêt dans des situations précises, chez des personnes dont l'alimentation ne peut pas être suffisamment modifiée, ou en accompagnement d'un travail plus large. Ils ne remplacent pas ce travail. Les produits que nous utilisons sont regroupés dans la collection équilibre acido-basique.

Pour un bilan alimentaire complet et un plan adapté à votre situation, prenez rendez-vous au cabinet de Saint-Sulpice.

Information générale. Les personnes souffrant d'une insuffisance rénale, prenant des diurétiques ou un traitement pour la tension doivent impérativement demander un avis médical avant toute supplémentation en potassium.

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