Compléments alimentaires chez l'enfant : ce qui est utile, ce qui ne l'est pas

3 septembre 2026Centre de Nutrition Berdoz

Le rayon des compléments pour enfants est l'un des plus fournis et l'un des moins justifiés. Des sirops multivitaminés au goût de fraise, des gommes colorées, des formules qui promettent la concentration ou les défenses. Dans la grande majorité des situations, un enfant qui mange varié n'a besoin de rien. Il existe pourtant quelques exceptions solides, et il vaut la peine de savoir lesquelles.

La vitamine D : la seule recommandation systématique

C'est le seul cas où une supplémentation est recommandée en population générale par les autorités sanitaires suisses. Le nourrisson en reçoit dès les premiers jours de vie, et cette recommandation se poursuit pendant la première année, indépendamment de l'allaitement ou du lait infantile. Au-delà, elle reste pertinente pendant la saison où le rayonnement ne permet plus de synthèse cutanée, c'est-à-dire d'octobre à mars sous nos latitudes. Nous détaillons ce mécanisme dans notre article sur la vitamine D en Suisse.

La dose et la forme se discutent avec le pédiatre. C'est une supplémentation, pas un traitement libre.

Le fer : jamais sans dosage

La carence en fer est fréquente chez le petit enfant, chez l'adolescente réglée, et chez l'enfant dont l'alimentation est peu carnée. Elle se manifeste par une fatigue, une pâleur, une irritabilité, parfois des troubles de la concentration ou de l'appétit.

Mais le fer ne se donne jamais à l'aveugle. Un excès est toxique, et les intoxications accidentelles au fer restent l'une des premières causes d'empoisonnement pédiatrique. Une supplémentation en fer chez l'enfant suppose un dosage préalable et un suivi. Notre article sur la lecture d'un bilan de fer explique comment ces valeurs s'interprètent.

Les oméga 3 : la question de l'assiette d'abord

Le DHA contribue au fonctionnement normal du cerveau, et cette allégation est validée pour un apport quotidien de 250 mg. Chez l'enfant, l'apport se fait très bien par deux portions de poisson gras par semaine, sardines, maquereau, saumon. Quand cette fréquence n'est pas atteinte, et beaucoup de familles ne l'atteignent pas, un apport complémentaire a du sens.

La qualité compte plus que la dose affichée : origine, indice d'oxydation, forme. Le sujet est développé dans notre article sur les oméga 3. Les produits que nous sélectionnons figurent dans les collections oméga 3 et enfants et bébés.

Les probiotiques : dans des indications précises

Il ne s'agit pas de donner des ferments toute l'année. Certaines souches ont été étudiées dans des situations bien définies : accompagnement d'une antibiothérapie, coliques du nourrisson, diarrhées aiguës. En dehors de ces situations, le bénéfice n'est pas établi, et le choix de la souche est déterminant, comme nous l'expliquons dans cet article.

Ce dont on peut se passer

Les multivitamines de confort chez un enfant qui mange normalement. Les sirops sucrés qui apportent surtout du sucre. Les formules « défenses immunitaires » sans composition détaillée. Les compléments pour la croissance en dehors d'un suivi médical. Les gommes à mâcher, dont le format encourage la surconsommation et dont l'apport en sucres est loin d'être négligeable.

Ce qui se travaille en consultation

Chez l'enfant, la question est presque toujours alimentaire avant d'être supplémentaire : néophobie, sélectivité, petit appétit, refus des légumes, repas conflictuels. Nous travaillons cela avec les parents, sans culpabilisation et sans plan alimentaire irréalisable. Quand un complément est justifié, il vient s'ajouter à ce travail.

Prendre rendez-vous au Centre de Nutrition et de Micronutrition Berdoz, Chemin de la Venoge 7, 1025 Saint-Sulpice.

Information générale. Toute supplémentation chez l'enfant doit être validée par un professionnel de santé. Conserver les compléments contenant du fer hors de portée des enfants.

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