Lactose, gluten, fructose, histamine : comment distinguer ce qui vous gêne

3 septembre 2026Centre de Nutrition Berdoz

« Je crois que je suis intolérant à quelque chose. » C'est une phrase que nous entendons chaque semaine, et elle recouvre des mécanismes très différents. Les confondre conduit à supprimer des aliments pendant des années sans résoudre le problème.

L'intolérance au lactose

C'est un déficit en lactase, l'enzyme qui coupe le lactose. Le lactose non digéré est fermenté par les bactéries du côlon : ballonnements, gaz, douleurs, parfois diarrhée, une à trois heures après un produit laitier frais.

Elle se confirme par un test respiratoire à l'hydrogène. Elle est dose-dépendante : la plupart des personnes concernées tolèrent parfaitement les fromages affinés, qui n'en contiennent presque plus, et souvent les yaourts, dont les ferments digèrent une partie du lactose. Supprimer tous les produits laitiers est presque toujours excessif, et cela pose ensuite une question de calcium.

La maladie cœliaque et la sensibilité au gluten

Ce sont deux choses distinctes. La maladie cœliaque est une maladie auto-immune, avec atteinte de la muqueuse intestinale. Elle se dépiste par des anticorps et se confirme par biopsie. Point capital : le dépistage doit se faire avant d'arrêter le gluten, sinon les examens se négativent et le diagnostic devient impossible sans réintroduction. C'est l'erreur la plus dommageable de tout ce domaine.

La sensibilité au gluten non cœliaque est un tableau réel mais sans marqueur biologique, où les symptômes surviennent avec le gluten et disparaissent sans lui, chez une personne dont la cœliaquie et l'allergie au blé ont été écartées. Une partie de ces situations relève en fait des fructanes du blé, c'est-à-dire des FODMAP, et non du gluten lui-même.

La malabsorption du fructose et les FODMAP

Le fructose en excès du glucose est mal absorbé chez une partie de la population. Les symptômes ressemblent à ceux d'un intestin irritable et apparaissent avec les fruits en grande quantité, les jus, le miel, les sodas et les édulcorants en « -ol ».

La démarche FODMAP consiste à réduire temporairement un ensemble de glucides fermentescibles, puis à les réintroduire un par un pour identifier les seuils personnels. La phase d'éviction ne doit pas durer : elle appauvrit le microbiote, comme nous l'expliquons dans notre article sur le microbiote. Elle se mène accompagnée, jamais seul et jamais indéfiniment.

L'intolérance à l'histamine

Elle ne concerne pas la digestion mais la dégradation de l'histamine apportée par certains aliments : fromages affinés, charcuterie, poisson mal conservé, vin, aliments fermentés. Les signes sont souvent extra-digestifs : rougeurs, maux de tête, nez qui coule, palpitations, démangeaisons, parfois après un délai court.

Il n'existe pas de test fiable en pratique courante. Le diagnostic repose sur un journal alimentaire précis, une réduction encadrée et une réintroduction progressive.

Ce qui ne sert à rien

Les tests d'intolérance alimentaire par dosage des IgG. Les sociétés savantes d'allergologie rappellent régulièrement qu'ils n'ont pas de valeur diagnostique : les IgG traduisent une exposition, pas une intolérance. Ils conduisent à des listes d'éviction longues, coûteuses et sans fondement.

La bonne démarche

Un journal alimentaire et symptomatique tenu sur deux semaines, sans rien changer d'abord. Puis, selon ce qu'il montre, un test respiratoire, un dépistage cœliaque avant toute éviction, ou une éviction ciblée et limitée dans le temps avec réintroduction. C'est plus lent qu'un test vendu en ligne, et c'est la seule chose qui donne une réponse utilisable.

Pour être accompagné dans cette démarche, prenez rendez-vous au cabinet de Saint-Sulpice. Voir aussi nos articles sur les ballonnements et le guide de la micronutrition en Suisse romande.

Information générale ne remplaçant pas un avis médical. Ne supprimez jamais le gluten avant d'avoir fait dépister une maladie cœliaque.

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