Grossesse : les nutriments qui comptent vraiment

3 septembre 2026Centre de Nutrition Berdoz

La grossesse est l'une des rares situations où la supplémentation fait consensus. Encore faut-il savoir ce qui compte, à quel moment, et ce dont on peut se passer.

Les folates, avant même la conception

C'est le point le plus important, et il se joue avant que la grossesse ne soit connue. La fermeture du tube neural intervient dans les toutes premières semaines, souvent avant que le test ne soit fait. Une supplémentation en acide folique commencée au moment du désir d'enfant, et poursuivie pendant le premier trimestre, réduit le risque d'anomalies de fermeture du tube neural.

Commencer au moment de la première consultation de grossesse est déjà tard. C'est la raison pour laquelle nous en parlons systématiquement aux femmes qui envisagent une grossesse.

L'iode, un enjeu suisse particulier

Les sols suisses sont pauvres en iode, ce qui a motivé l'iodation du sel de cuisine il y a près d'un siècle. L'iode est nécessaire à la production des hormones thyroïdiennes, elles-mêmes indispensables au développement cérébral du fœtus. Les besoins augmentent nettement pendant la grossesse et l'allaitement.

Attention à un piège fréquent : les sels non iodés, sel rose, fleur de sel, sel de mer artisanal, ont remplacé le sel iodé dans beaucoup de cuisines. Une femme enceinte qui n'utilise que ces sels et consomme peu de produits laitiers et de poisson peut avoir des apports insuffisants sans s'en douter.

Le fer

Les besoins augmentent fortement, surtout au deuxième et au troisième trimestre. La carence est fréquente, et elle est associée à une fatigue majeure et à un risque accru de petit poids de naissance et de prématurité.

Mais le fer ne se supplémente pas systématiquement : il se dose. Une supplémentation inutile chez une femme dont les réserves sont bonnes n'apporte rien et se paie en inconfort digestif. La lecture du bilan est expliquée dans notre article sur la ferritine.

Le DHA

Le DHA participe au développement normal du cerveau et de la vision du fœtus et du nourrisson allaité, pour un apport quotidien de 200 mg en plus des besoins habituels en oméga 3. Deux portions de poisson gras par semaine y suffisent en général.

Les recommandations suisses invitent par ailleurs à limiter les gros poissons prédateurs, qui concentrent le méthylmercure. Le détail des formes et de la qualité des huiles est dans notre article sur les oméga 3.

La vitamine D

Le statut chute chez tout le monde entre octobre et mars sous nos latitudes, femmes enceintes comprises, comme nous l'expliquons dans notre article sur la vitamine D en Suisse. La supplémentation se discute avec le médecin ou la sage-femme qui suit la grossesse.

La vitamine B12 en cas d'alimentation végétale

Chez une femme végétalienne ou largement végétarienne, la B12 n'est pas négociable : un déficit maternel expose le nourrisson à des conséquences neurologiques graves. Elle ne s'obtient ni par la spiruline, ni par les algues, comme nous le détaillons dans nos articles sur la B12 et sur la spiruline.

Ce qu'il faut éviter

La vitamine A sous forme de rétinol à dose élevée, tératogène. Le foie, pour la même raison. Les compléments de plantes, dont la sécurité pendant la grossesse est rarement établie. Et les formules « spécial grossesse » achetées sans regarder la composition : certaines cumulent des dosages élevés sans justification.

Règle simple : pendant une grossesse, aucun complément ne se commence sans en parler à la personne qui suit la grossesse.

Ce que nous faisons

Nous accompagnons l'alimentation avant, pendant et après la grossesse, en complément du suivi médical et jamais à sa place. Nausées du premier trimestre, aversions, reflux, constipation, diabète gestationnel, reprise après l'accouchement, allaitement : ce sont des situations où l'ajustement alimentaire change beaucoup de choses.

Prendre rendez-vous au Chemin de la Venoge 7, 1025 Saint-Sulpice. Voir aussi le guide de la micronutrition en Suisse romande.

Information générale ne remplaçant pas le suivi médical de la grossesse. Toute supplémentation doit être validée par votre médecin ou votre sage-femme.

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