La glycémie à jeun est l'un des derniers paramètres à se dégrader. Quand elle sort de la norme, le processus est en route depuis des années. Ce qui bouge avant, ce sont des signes cliniques et deux ou trois marqueurs qu'on ne regarde pas assez.
Ce qu'est la résistance à l'insuline
L'insuline fait entrer le glucose dans les cellules. Quand celles-ci y répondent moins bien, le pancréas compense en produisant davantage d'insuline. Tant que cette compensation tient, la glycémie reste normale. C'est pour cela qu'on peut être insulinorésistant pendant dix ans avec des analyses « normales ».
Les signes qui apparaissent en premier
Un coup de barre marqué une à deux heures après un repas riche en glucides. Des fringales de sucré en fin d'après-midi. Une faim qui revient vite après avoir mangé. Un tour de taille qui augmente alors que le poids bouge peu. Une tension qui grimpe doucement. Une somnolence après le déjeuner qu'on met sur le compte de la fatigue.
Chez la femme, un syndrome des ovaires polykystiques, des cycles irréguliers ou une acné tardive peuvent aussi s'inscrire dans ce tableau.
Ce qu'il faut regarder en biologie
La glycémie à jeun, bien sûr, mais elle est tardive. L'hémoglobine glyquée, qui reflète les trois derniers mois. Les triglycérides et le HDL : des triglycérides hauts avec un HDL bas sont une signature classique. Le tour de taille, qui est un marqueur clinique et non un jugement esthétique. Et parfois l'insulinémie à jeun, à interpréter avec précaution.
Ce croisement de valeurs est typiquement ce que nous faisons en consultation, comme décrit dans notre article sur les analyses utiles en micronutrition.
Ce qui corrige, dans l'ordre d'efficacité
L'activité physique vient en premier, et de loin. Le muscle capte le glucose sans avoir besoin d'insuline lorsqu'il travaille. Marcher vingt minutes après le repas du soir modifie la courbe glycémique de façon mesurable. Le renforcement musculaire augmente durablement la capacité de stockage.
La composition et l'ordre du repas ensuite : commencer par les légumes et les protéines, garder les féculents pour la suite, et éviter les glucides consommés seuls. Un fruit seul à seize heures et un fruit après un repas n'ont pas le même effet.
Les sucres liquides : jus, sodas, boissons sucrées. C'est le poste le plus rentable à supprimer, parce que l'absorption y est très rapide et la satiété nulle.
Le sommeil, enfin. Quelques nuits courtes suffisent à dégrader la tolérance au glucose chez une personne en bonne santé. C'est un levier qu'on sous-estime systématiquement, comme nous l'évoquons dans notre article sur le sommeil.
Et les compléments
Le chrome contribue au maintien d'une glycémie normale, et c'est une allégation autorisée. Certains extraits végétaux et fibres solubles ont un intérêt d'appoint. Aucun ne remplace les quatre points ci-dessus, et il faut se méfier des produits présentés comme des alternatives à un traitement.
Une remarque importante : si vous prenez un traitement antidiabétique, tout ce qui abaisse la glycémie doit être signalé à votre médecin, parce que les doses peuvent devoir être ajustées.
Pourquoi s'en occuper tôt
Parce que c'est le stade où tout est encore réversible, et où quelques changements bien choisis suffisent. Une fois le diabète installé, on ne travaille plus sur le même terrain.
Prendre rendez-vous au Chemin de la Venoge 7, 1025 Saint-Sulpice, ou parcourir le guide de la micronutrition en Suisse romande.
Information générale ne remplaçant pas un avis médical. Le diagnostic et le traitement du prédiabète et du diabète relèvent de votre médecin.