Bilan biologique : les analyses qui servent vraiment en micronutrition

3. September 2026Centre de Nutrition Berdoz

« Tout est normal. » Beaucoup de personnes arrivent en consultation avec cette phrase et un dossier d'analyses, sans que leur fatigue ait bougé. Le laboratoire n'a pas tort : les valeurs sont dans les bornes. Mais une borne de laboratoire n'est pas un objectif de santé, et plusieurs valeurs se lisent ensemble ou ne veulent rien dire.

La différence entre normal et optimal

Les intervalles de référence sont construits statistiquement, à partir de la distribution observée dans une population donnée. Ils décrivent ce qui est fréquent, pas ce qui est souhaitable. Quand la population de référence est elle-même largement déficitaire, comme c'est le cas pour la vitamine D en Suisse en hiver, la borne basse reflète cette réalité et non un seuil de bon fonctionnement.

La lecture micronutritionnelle consiste à situer une valeur dans son intervalle, à la croiser avec les autres et avec la clinique, plutôt qu'à cocher « dans la norme ».

Le socle utile

Une formule sanguine complète, qui renseigne sur l'anémie mais aussi, par le volume globulaire moyen, sur une piste de carence en fer ou en vitamine B12 et folates.

Une ferritine, accompagnée systématiquement d'une CRP. Une ferritine normale mesurée pendant une inflammation peut masquer une réserve vide, parce que la ferritine monte avec l'inflammation. Ce point est développé dans notre article sur le bilan de fer.

Une 25-hydroxyvitamine D, seule forme qui reflète le statut. Notre article sur la vitamine D en Suisse explique pourquoi elle baisse chez presque tout le monde entre octobre et mars.

Une TSH, parce qu'une hypothyroïdie fruste explique un nombre considérable de fatigues, de prises de poids et de frilosités attribuées à autre chose.

Une glycémie à jeun, et selon le contexte une hémoglobine glyquée.

Les analyses de second niveau

La vitamine B12 accompagnée des folates, avec la réserve que la B12 sérique surestime souvent le statut réel. L'homocystéine, marqueur fonctionnel qui monte quand le cycle des vitamines B9, B12 et B6 fonctionne mal. Le magnésium érythrocytaire, plus informatif que le magnésium plasmatique, lequel ne reflète pratiquement rien. Le zinc, à lire avec la CRP et l'albumine, comme nous l'expliquons dans notre article sur le zinc. Un bilan lipidique complet plutôt qu'un cholestérol total isolé.

Ce que nous ne demandons pas

Les tests d'intolérance alimentaire par dosage des IgG, dont les sociétés savantes d'allergologie rappellent régulièrement qu'ils n'ont pas de valeur diagnostique et conduisent à des évictions alimentaires inutiles. Les analyses de cheveux à visée de bilan minéral, dont la reproductibilité est mauvaise. Les bilans en dizaines de paramètres vendus en pack, dont l'essentiel ne changera rien à ce qui sera fait ensuite.

Une analyse ne se demande que si son résultat, quel qu'il soit, modifie la conduite à tenir. C'est le seul critère qui vaille.

Comment cela se passe au cabinet

Vous apportez vos analyses existantes, même anciennes : leur évolution dans le temps est souvent plus parlante qu'une valeur isolée. Nous les relisons ensemble. Si des examens complémentaires paraissent utiles, ils se demandent auprès de votre médecin, qui reste au centre de votre suivi.

Prendre rendez-vous au Chemin de la Venoge 7, 1025 Saint-Sulpice.

Information générale. La prescription et l'interprétation médicale des analyses relèvent de votre médecin. Notre lecture micronutritionnelle vient en complément, jamais en remplacement.

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