Après soixante-cinq ans, deux choses se produisent en même temps : les besoins en protéines augmentent, et l'appétit diminue. C'est cette combinaison qui explique la perte de muscle, et non l'âge en lui-même.
La sarcopénie, et pourquoi elle compte
La masse musculaire décline lentement à partir de la trentaine, puis plus vite après soixante ans. Les conséquences ne sont pas esthétiques : moins de force, moins d'équilibre, plus de chutes, une récupération plus lente après une hospitalisation, une perte d'autonomie.
Le muscle est aussi une réserve mobilisée en cas de maladie. Une personne qui en a peu supporte moins bien un épisode aigu. C'est la raison pour laquelle on s'en occupe avant, pas après.
Les besoins en protéines augmentent
C'est contre-intuitif, mais les recommandations pour la personne âgée sont plus élevées que pour l'adulte jeune, parce que le muscle répond moins bien à un apport donné. Et la répartition compte : une dose suffisante à chaque repas est plus efficace qu'un gros apport le soir.
Concrètement, cela veut dire une source de protéines au petit-déjeuner, ce qui est rare : un œuf, du fromage blanc, du fromage, du jambon, ou simplement un yaourt et des noix, plutôt qu'un café et deux biscottes.
Les protéines seules ne suffisent pas
Sans stimulation musculaire, l'apport est mal utilisé. La marche seule ne suffit pas à entretenir la masse musculaire : il faut du travail contre résistance, même léger, même assis, même avec des élastiques. Deux séances par semaine changent le pronostic fonctionnel.
La vitamine D et le calcium
La vitamine D contribue au maintien d'une fonction musculaire normale et d'une ossature normale, et la synthèse cutanée diminue fortement avec l'âge, en plus de s'arrêter l'hiver sous nos latitudes. Le calcium contribue au maintien d'une ossature normale. C'est l'un des rares contextes où une supplémentation est très largement justifiée. Voir notre article sur la vitamine D en Suisse.
Les autres points de vigilance
La vitamine B12 : l'absorption des formes alimentaires diminue avec l'atrophie gastrique et les traitements antiacides. Le déficit se manifeste par de la fatigue, des troubles de la mémoire ou de l'équilibre, souvent mis sur le compte de l'âge. Voir notre article sur la B12.
L'hydratation : la sensation de soif s'émousse. Il faut proposer à boire régulièrement, sans attendre la demande.
Le goût et l'odorat, qui s'émoussent aussi et rendent les repas moins attractifs. Les herbes, les épices et la variété des textures aident davantage que le sel.
Et l'état bucco-dentaire, souvent la vraie raison pour laquelle quelqu'un a cessé de manger de la viande ou des légumes crus.
Les signes de dénutrition qu'on ne voit pas venir
Une perte de poids involontaire, même modeste, même chez une personne en surpoids. Des vêtements ou une alliance devenus larges. Une fatigue nouvelle. Des infections à répétition. Une cicatrisation lente. Un repli sur des aliments faciles, thé et biscottes.
Ce sont des signaux à prendre au sérieux et à signaler au médecin traitant : la dénutrition de la personne âgée est fréquente, sous-diagnostiquée, et elle se corrige d'autant mieux qu'on la prend tôt.
Ce que nous faisons
Nous travaillons à partir de ce que la personne mange et aime réellement, avec des solutions simples : enrichir sans augmenter les volumes, fractionner, adapter les textures, redonner du plaisir au repas. Nous recevons aussi les proches aidants, qui sont souvent ceux qui posent les bonnes questions.
Prendre rendez-vous au Chemin de la Venoge 7, 1025 Saint-Sulpice, ou voir le guide de la micronutrition en Suisse romande.
Information générale ne remplaçant pas un avis médical. Toute perte de poids involontaire doit être signalée à un médecin.