La vitamine B12 est un cas particulier : elle n'existe pratiquement pas dans le règne végétal, ses réserves hépatiques couvrent plusieurs années, et son dosage sanguin est l'un des moins fiables de la biologie courante. Ces trois faits expliquent la plupart des malentendus.
Ce qu'elle fait
La B12 contribue au métabolisme énergétique normal, au fonctionnement normal du système nerveux et du système immunitaire, à la formation normale de globules rouges, à des fonctions psychologiques normales et à la réduction de la fatigue. Elle participe aussi, avec les folates, au métabolisme de l'homocystéine.
Un déficit prolongé donne une anémie, mais aussi des signes neurologiques : fourmillements des extrémités, troubles de l'équilibre, difficultés de concentration. Les signes neurologiques peuvent précéder l'anémie, ce qui est la raison pour laquelle on ne se contente pas de regarder l'hémoglobine.
Qui est concerné
Les végétaliens, sans exception : la supplémentation n'est pas une option, c'est une nécessité. Les végétariens, dont les apports par les œufs et les produits laitiers sont souvent insuffisants sur la durée.
Les personnes traitées par metformine, dont l'absorption de B12 diminue avec les années de traitement. Celles sous inhibiteurs de la pompe à protons ou sous antiacides au long cours, parce que l'acidité gastrique est nécessaire pour détacher la B12 des protéines alimentaires. Les personnes opérées de l'estomac ou du grêle. Celles atteintes de maladie de Biermer ou d'une atrophie gastrique. Et les plus de soixante-cinq ans, chez qui la malabsorption des formes alimentaires devient fréquente même avec une alimentation carnée.
Pourquoi le dosage sanguin est trompeur
La B12 sérique mesure l'ensemble de la vitamine circulante, dont une grande partie est liée à une protéine qui ne la délivre pas aux cellules. On peut donc avoir une B12 sérique normale et un déficit fonctionnel réel.
Deux marqueurs complètent utilement le tableau : l'homocystéine, qui s'élève en cas de déficit fonctionnel en B12, en folates ou en B6, et l'acide méthylmalonique, plus spécifique de la B12. Une B12 sérique dans la zone basse de la norme, associée à une homocystéine élevée, est bien plus parlante que l'une des deux valeurs isolée. Ce raisonnement est celui que nous détaillons dans notre article sur les analyses utiles en micronutrition.
Quelle forme
La cyanocobalamine est la forme la plus étudiée, la plus stable et la moins chère ; elle fonctionne très bien chez la grande majorité des gens. La méthylcobalamine et l'adénosylcobalamine sont des formes directement actives, souvent préférées en cas de déficit installé ou de polymorphismes du métabolisme des folates. L'hydroxocobalamine, elle, s'utilise surtout en injectable.
Le point important est ailleurs : l'absorption intestinale de la B12 sature vite. C'est la raison pour laquelle les protocoles de correction utilisent des doses élevées, qui passent par une voie d'absorption passive peu efficace mais non saturable. Une dose hebdomadaire élevée peut être aussi pertinente qu'une petite dose quotidienne.
Une précaution
Ne jamais corriger une B12 sans avoir vérifié les folates en même temps. Supplémenter en folates seuls peut corriger l'anémie tout en laissant progresser l'atteinte neurologique d'un déficit en B12. Les deux se regardent ensemble, toujours.
Vous trouverez les formes que nous utilisons dans la collection compléments alimentaires. Pour un bilan de votre situation, prenez rendez-vous au cabinet de Saint-Sulpice. L'ensemble de nos articles est organisé dans le guide de la micronutrition en Suisse romande.
Information générale ne remplaçant pas un avis médical. Un déficit en B12 avec signes neurologiques est une situation médicale qui doit être prise en charge par un médecin.