C'est le conseil le plus répété et le moins suivi. Il mérite pourtant d'être précisé, parce que les chiffres qui circulent sont approximatifs et parce que le choix de l'eau a un intérêt nutritionnel réel en Suisse.
Combien, réellement
Les besoins totaux en eau se situent autour de deux litres par jour pour une femme et deux litres et demi pour un homme, mais ce total inclut l'eau apportée par les aliments, qui en représente une part importante. Les boissons couvrent donc environ un litre et demi à deux litres.
Ce chiffre monte avec la chaleur, l'activité physique, la fièvre, l'allaitement et l'altitude. Il faut aussi savoir que la sensation de soif s'émousse avec l'âge, ce qui explique une bonne partie des déshydratations chez les personnes âgées, comme nous l'évoquons dans notre article sur la nutrition après 65 ans.
Les signes qu'on ne relie jamais à l'eau
Des urines foncées, ce qui est l'indicateur le plus simple et le plus fiable. Des maux de tête de fin d'après-midi. Une baisse de concentration. Une constipation qui résiste à l'augmentation des fibres — et c'est un point important : augmenter les fibres sans augmenter l'eau aggrave la situation, comme expliqué dans notre article sur la constipation. Des crampes chez les sportifs.
L'eau du robinet en Suisse
Elle est de très bonne qualité, contrôlée régulièrement, et parfaitement adaptée à la consommation quotidienne. Sa dureté varie fortement d'une commune à l'autre : sur le Plateau, elle est souvent calcaire, ce qui n'est pas un défaut sur le plan nutritionnel — le calcium qu'elle apporte est bien absorbé.
Les questions qui reviennent portent surtout sur les résidus, notamment les métabolites de produits phytosanitaires, dont les teneurs sont suivies et publiées par les autorités cantonales. Les personnes qui souhaitent une filtration complémentaire s'orientent vers des systèmes par gravité, comme le filtre Berkey, sans que cela remplace la qualité de base du réseau.
Choisir une eau minérale pour ce qu'elle apporte
C'est là que le choix devient nutritionnel. Certaines eaux minérales sont riches en calcium, ce qui en fait un apport intéressant chez les personnes qui consomment peu de produits laitiers, à la périménopause ou après 65 ans. D'autres sont riches en magnésium, ce qui complète utilement l'alimentation.
L'information figure sur l'étiquette. Une eau très minéralisée n'est pas « lourde » : elle apporte des minéraux bien absorbés, pour un coût nul en calories.
À l'inverse, les eaux riches en sodium se réservent aux situations de pertes sudorales importantes et sont à éviter en cas d'hypertension.
Ce qui ne compte pas comme de l'eau
Les sodas et les jus, qui apportent surtout du sucre. L'alcool, qui augmente les pertes. Le café et le thé, en revanche, participent bien à l'hydratation malgré leur léger effet diurétique : l'idée qu'ils déshydratent est fausse.
Pour un bilan complet de votre alimentation, prenez rendez-vous au Chemin de la Venoge 7, 1025 Saint-Sulpice, ou parcourez le guide de la micronutrition en Suisse romande.
Information générale ne remplaçant pas un avis médical. Les personnes souffrant d'insuffisance rénale ou cardiaque doivent suivre les consignes d'apport hydrique de leur médecin.