Thyroïde : iode, sélénium et ce que l'alimentation peut faire

4. September 2026Centre de Nutrition Berdoz

La thyroïde arrive très vite dans une consultation pour fatigue. C'est justifié : une hypothyroïdie fruste explique un grand nombre de fatigues, de frilosités, de prises de poids et de chutes de cheveux mises sur le compte du stress. Mais il faut être précis sur ce qui relève du médecin et ce qui relève de l'assiette.

Ce qui relève du médecin

Le diagnostic et le traitement. Une TSH, éventuellement complétée par la T4 libre et les anticorps anti-TPO, se demande et s'interprète médicalement. Une hypothyroïdie avérée se traite par hormones substitutives, et aucune alimentation ne remplace ce traitement. Une thyroïdite de Hashimoto est une maladie auto-immune qui se suit.

Ce que nous faisons vient à côté : s'assurer que les nutriments dont la thyroïde a besoin sont disponibles, et repérer ce qui gêne.

L'iode, et la particularité suisse

L'iode est le constituant même des hormones thyroïdiennes. Les sols suisses en sont pauvres, ce qui a conduit à l'iodation du sel de cuisine il y a près d'un siècle, avec un effet de santé publique majeur.

Le problème est récent : les sels non iodés, sel rose de l'Himalaya, fleur de sel, sels artisanaux, ont remplacé le sel iodé dans beaucoup de cuisines, et les plats préparés utilisent le plus souvent du sel non iodé. Une personne qui consomme peu de produits laitiers et peu de poisson peut ainsi avoir des apports insuffisants sans s'en douter. C'est un point que nous vérifions systématiquement.

Attention toutefois : l'excès d'iode est aussi problématique que le manque, en particulier en cas de thyroïdite auto-immune. Les compléments d'algues très riches en iode ne se prennent pas à l'aveugle.

Le sélénium

Le sélénium contribue au fonctionnement normal de la thyroïde et à la protection des cellules contre le stress oxydatif. Il est nécessaire aux enzymes qui convertissent la T4 en T3, la forme active, et à la protection de la glande elle-même.

Les sols européens sont pauvres en sélénium, contrairement à ceux d'Amérique du Nord. Les noix du Brésil en sont la source alimentaire la plus concentrée, à un point tel que quelques unités suffisent : il ne faut pas en abuser, la marge entre apport utile et excès étant étroite.

Le fer et le zinc

Le fer est nécessaire à l'enzyme qui fabrique les hormones thyroïdiennes, et le zinc participe à la conversion périphérique. Une carence en fer et une hypothyroïdie fruste donnent des symptômes très proches, et coexistent souvent. C'est une des raisons pour lesquelles nous regardons les deux ensemble, comme expliqué dans nos articles sur le bilan de fer et sur les analyses utiles.

Ce dont on parle trop

Les crucifères — chou, brocoli, chou-fleur — sont souvent présentés comme dangereux pour la thyroïde. En pratique, aux quantités normalement consommées et surtout cuits, ils ne posent pas de problème chez une personne dont les apports en iode sont corrects. Il n'y a aucune raison de s'en priver.

Le soja, lui, mérite une précision utile : il n'altère pas la thyroïde en soi, mais il réduit l'absorption de la lévothyroxine. La règle est donc d'espacer, comme pour le calcium, le fer et le café : le traitement se prend à jeun, à distance.

Ce que nous regardons en consultation

La source de sel utilisée, la fréquence des produits laitiers et du poisson, le statut en fer, le zinc, le sélénium, et l'horaire de prise du traitement quand il y en a un. Ce sont des ajustements simples, mais ils changent souvent le confort au quotidien.

Prendre rendez-vous au Chemin de la Venoge 7, 1025 Saint-Sulpice, ou parcourir le guide de la micronutrition en Suisse romande.

Information générale ne remplaçant pas un avis médical. Ne modifiez jamais un traitement thyroïdien et ne prenez pas d'iode à haute dose sans avis médical.

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