Disons-le d'emblée : aucune alimentation ne règle une situation professionnelle ou personnelle difficile. Ce qu'elle peut faire, c'est empêcher que le corps ajoute ses propres problèmes à ceux que vous traversez déjà. Ce n'est pas rien.
Le cercle magnésium
Le stress augmente l'excrétion urinaire de magnésium. Or le magnésium contribue au fonctionnement normal du système nerveux, à des fonctions psychologiques normales et à la réduction de la fatigue. Un statut qui baisse rend donc la réponse au stress moins confortable, ce qui augmente encore les pertes.
Ce cercle explique les signes classiques : crampes, paupière qui saute, tension dans la nuque, sommeil moins réparateur. La correction est simple et rapide quand la forme est bien choisie, comme nous le détaillons dans notre article sur le magnésium.
La glycémie, qui amplifie tout
Sauter un repas, puis compenser par du sucre en fin d'après-midi, produit des variations glycémiques qui se traduisent par de l'irritabilité, des difficultés de concentration et des fringales. Sur un terrain déjà tendu, cela s'additionne.
Trois repas structurés, avec des protéines à chacun et des glucides accompagnés de fibres, stabilisent l'énergie et l'humeur bien plus efficacement qu'un complément. C'est le même mécanisme que celui décrit dans notre article sur le coup de barre de quinze heures.
La caféine, dont la demi-vie est longue
La caféine a une demi-vie de plusieurs heures, plus longue encore chez certaines personnes. Un café pris à seize heures agit encore au moment du coucher. En période de stress, elle amplifie les manifestations physiques de l'anxiété : cœur qui bat, tension, sommeil superficiel.
Il ne s'agit pas de l'arrêter, mais de fixer une heure limite, généralement le début de l'après-midi, et d'observer ce que cela change en dix jours.
L'alcool, qui donne l'illusion inverse
Il facilite l'endormissement et dégrade la seconde moitié de la nuit, celle du sommeil profond et de la récupération. C'est une des causes fréquentes des réveils dont nous parlons dans notre article sur le réveil de trois heures du matin.
Ce qui compte au moins autant
La lumière du matin, qui recale l'horloge biologique et donc la courbe du cortisol. L'activité physique régulière, dont l'effet sur l'anxiété est l'un des mieux documentés. Et la régularité des horaires de repas et de coucher, qui pèse davantage que la composition exacte de l'assiette.
Les plantes adaptogènes
Rhodiole, ashwagandha, safran : elles ont leur place, avec des données variables selon les extraits et les dosages, et des interactions médicamenteuses à vérifier au cas par cas. Elles accompagnent ; elles ne remplacent ni le sommeil ni un accompagnement psychologique lorsqu'il est nécessaire.
Les références que nous utilisons figurent dans la collection stress et sommeil.
Où est la limite
Une tristesse qui dure, une perte d'intérêt, des idées noires, une anxiété qui empêche de fonctionner : ce n'est pas un sujet nutritionnel, et il ne faut pas le traiter comme tel. Ces situations relèvent d'un médecin ou d'un psychologue, et le travail alimentaire vient alors en soutien, pas à la place.
Prendre rendez-vous au Centre de Nutrition et de Micronutrition Berdoz, Saint-Sulpice. Voir aussi le guide de la micronutrition en Suisse romande.
Information générale ne remplaçant pas un avis médical ou psychologique. Si vous traversez une période difficile, parlez-en à un professionnel de santé.