Migraine : les déclencheurs alimentaires, et les vrais leviers

4. September 2026Claude Berdoz

La migraine touche environ 15 % de la population et deux fois plus de femmes que d'hommes. En consultation, la question porte presque toujours sur les aliments à éviter. C'est rarement par là qu'il faut commencer.

Le malentendu du chocolat

Le chocolat est l'aliment le plus souvent accusé. Les études en double aveugle ne retrouvent pourtant pas de lien causal. L'explication tient à la phase prodromique de la crise : plusieurs heures avant la douleur, la migraine s'annonce par des symptômes discrets, dont une envie de sucré. La personne mange du chocolat parce que la crise a déjà commencé, puis conclut que le chocolat l'a déclenchée.

Les déclencheurs alimentaires réels existent, mais ils sont individuels et moins nombreux qu'on ne le croit : l'alcool, le vin rouge en particulier, les aliments riches en tyramine (fromages affinés, charcuteries), les nitrites, et le sevrage brutal de caféine.

Les vrais leviers, dans l'ordre

La régularité des repas arrive en premier. Sauter un repas est l'un des déclencheurs les mieux établis, par l'hypoglycémie relative qu'il provoque. C'est aussi pour cette raison que le jeûne intermittent est mal toléré par une partie des migraineux.

L'hydratation ensuite : une déshydratation même légère abaisse le seuil de déclenchement. Le sujet est traité dans notre article sur combien boire et quelle eau en Suisse.

Le sommeil enfin, dans les deux sens : le manque comme l'excès du week-end.

Micronutrition : ce qui a des données

Le magnésium est le mieux documenté en prévention, à des doses de l'ordre de 300 à 600 mg par jour sur au moins trois mois. Il contribue au fonctionnement normal du système nerveux. La forme compte beaucoup ici : l'oxyde, mal absorbé, provoque des selles molles avant d'atteindre une dose utile. Nous détaillons les formes assimilables dans quel magnésium choisir.

La riboflavine (vitamine B2) à dose élevée et la coenzyme Q10 ont également des données en prévention, avec une logique commune : le métabolisme énergétique mitochondrial du neurone. Ces protocoles relèvent d'un accompagnement, pas d'une automédication.

La piste hormonale

Chez de nombreuses femmes, les crises suivent la chute d'œstrogènes de fin de cycle. C'est aussi pour cette raison que la fréquence des migraines change souvent à la périménopause. Tenir un agenda des crises sur trois mois, avec le cycle, le sommeil et les repas, en apprend plus que n'importe quelle liste d'aliments à éviter.

Une migraine qui change de caractère, s'installe, ou s'accompagne de signes neurologiques inhabituels relève d'un avis médical, sans attendre.

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