L'endométriose touche environ une femme sur dix et met en moyenne sept ans à être diagnostiquée. Les femmes que nous recevons arrivent souvent épuisées par ce parcours, et avec une question légitime : est-ce que ce que je mange y change quelque chose ?
Disons d'abord ce que ça ne fait pas
Aucune alimentation ne fait disparaître les lésions d'endométriose. Les régimes présentés comme curatifs sur les réseaux sociaux sont, au mieux, des extrapolations. Le suivi gynécologique reste central, et la nutrition vient en accompagnement.
Ce qu'elle peut faire est néanmoins substantiel : agir sur le terrain inflammatoire, et sur les troubles digestifs qui accompagnent presque toujours la maladie et qui pèsent lourdement sur le quotidien.
Le terrain inflammatoire
L'endométriose est une maladie inflammatoire chronique, avec une production locale importante de prostaglandines, qui participent directement à la douleur. Le rapport entre oméga 6 et oméga 3 de l'alimentation influence la nature de ces médiateurs. Les huiles de tournesol classique, de maïs et de pépins de raisin, très présentes dans les produits transformés, tirent d'un côté ; les poissons gras, l'huile de colza et l'huile de noix tirent de l'autre.
Plusieurs études observationnelles associent un apport plus élevé en oméga 3 à longue chaîne à une moindre sévérité des douleurs. Les niveaux de preuve restent modérés, mais l'intervention est sans risque et bénéfique par ailleurs.
Le ventre, qu'on néglige toujours
Ballonnements majeurs, alternance diarrhée-constipation, douleurs qui suivent le cycle : le tableau digestif de l'endométriose ressemble beaucoup à celui du syndrome de l'intestin irritable, et les deux coexistent fréquemment. C'est souvent sur ce terrain que l'amélioration ressentie est la plus rapide, parce qu'il se travaille bien.
Nous commençons par la digestion haute et la muqueuse intestinale avant d'envisager une éviction, et jamais l'inverse.
Le fer, presque systématiquement
Les règles abondantes sont fréquentes, et les réserves en fer s'épuisent silencieusement. Une ferritine basse explique une bonne partie de la fatigue attribuée à la maladie elle-même. C'est une des premières choses que nous demandons à vérifier.
Les autres pistes, et leur niveau de preuve
La vitamine D a un rôle immunomodulateur et son statut est souvent bas. Le magnésium contribue à une fonction musculaire normale, ce qui est pertinent sur les douleurs à composante spasmodique. L'éviction du gluten et des produits laitiers est fréquemment conseillée en ligne ; les données sont faibles, et nous ne la proposons que si un essai encadré montre un bénéfice réel chez la personne, sans appauvrir durablement son alimentation.
La démarche se construit sur plusieurs mois, avec des repères objectifs. Nous détaillons lesquels dans notre article sur les analyses utiles en micronutrition.